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Témoignage d’un séminariste

« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25). Je suis né dans une famille catholique de trois enfants, dont je suis ainé. Ma famille vit à la campagne environ 50 km du centre ville de Hai Phong, au Nord-Est du Viet Nam. J’ai eu la joie de grandir dans une famille croyante et de recevoir le témoignage de la foi de mes grands-parents et de mes parents. J’ai été baptisé 35 jours après ma naissance et confirmé quand j’avais 10 ans. Comme tous les enfants de mon village, je suis allé à l’école, au collège et au lycée ; mais en plus, comme je suis catholique, j’ai eu la chance d’avoir des cours de catéchisme pour la première communion, pour la confirmation et aussi pendant mon adolescence, à la maison paroissiale.

L’histoire de ma vocation débute quand j’étais très jeune. Déjà à l’âge de dix-onze ans j’ai senti un appel de l’intérieur, une lumière forte en moi vers le sacerdoce en vue du Royaume de Dieu. À cet âge-là, j’avais des idées simples sur la prêtrise comme d’avoir de bons paroissiens, des enfants qui m’entourent après la messe, de beaux vêtements, des bons repas…. Et bien sûr, mon idée du sacerdoce a beaucoup changé avec le temps. Et j’ai dit et je redis toujours merci à mes grands-parents, mes parents, surtout ma grand-mère, c’est elle qui m’a beaucoup encouragé et m’a beaucoup aidé pour grandir dans la foi et la vocation ; je me rappelle bien que c’est elle m’a appris à réciter le chapelet. Elle me rappelait les horaires de la messe et de prière, le temps d’adoration et les temps de prière en famille. Même si à l’époque il n’y avait pas beaucoup de messe dans ma paroisse natale – une ou deux messe tous les deux semaines – parce qu’il n’y a pas beaucoup de prêtre dans mon diocèse. Un prêtre s’occupait de quarante à cinquante clochers. Mais des temps de prière, il y en a beaucoup : le matin, midi, après-midi et le soir. Et elle me disait souvent : « Quand tu seras grand tu deviendras prêtre !» ou « Il faut que tu grandisses vite pour devenir prêtre, pour que je puisse assister à ta première messe ! ». Je me souviens aussi quand j’étais petit, j’aimais bien être un des enfants de chœur pour servir la messe, le temps d’adoration comme les autres. Mais j’étais très timide, je n’ai pas eu de courage d’aller vers le curé pour lui en parler et lui demander.

Après mon lycée, j’ai fait pendant deux ans et demi des études de climatisation en centre ville de Hai Phong. Pendant mes études à l’université, j’ai participé à quelques services à la paroisse où j’y étais logé comme la chorale, une formation pour devenir catéchiste, …. Un jour, le curé de la paroisse cherchait quelques jeunes pour poursuivre une formation musicale à l’évêché de Hai Phong, en vue de retourner à la paroisse pour donner un coup de main pour les chorales. Je me suis donc inscrit et il m’a envoyé avec quelques autres de la paroisse à l’évêché pour suivre la formation pendant un mois et demi. À l’évêché, j’ai eu l’occasion de découvrir la musique, les chants, la vie de partage et en plus d’échanger avec quelques séminaristes : étaient-ils nombreux ? Comment devenait-on prêtre ? Je découvre alors mon talent pour le chant et la musique. À la fin de cette formation, je fus un des dix élèves récompensés, chacun a reçu un clavier de la musique électrique. En rentrant à la paroisse, j’étais très content et j’ai demandé à mes parents d’aller remercier le curé. Un jour, je suis allé au presbytère avec ma mère pour rencontrer Monsieur le Curé. À la fin de la conversation, il m’a posé quelques questions par rapport à ma vocation puis il m’a dit : « Je trouve que tu es très sage et courageux, est ce que tu veux devenir prêtre ? ». Je lui ai répondu : « Oui, j’aimerais bien, mais je suis très timide et je ne suis pas très intelligent, je ne sais pas si je pourrai le faire ! ». Il m’a demandé encore : « Est-ce que tu veux le devenir ? » ; je lui ai dit « Oui ». Alors il m’a dit avec une voix ferme : « Si tu veux, tu peux le devenir » ; à ce moment je n’ai pu rien dit d’autre que « Oui ». Ensuite, il m’a aidé pour toutes les démarches que je devais fait.

 Donc, à la fin de mes études à l’Université, j’ai décidé d’écrire une lettre pour entrer au petit séminaire. Après de longues années de recherche et de discernement : quatre ans au petit séminaire à l’Évêché de Hai Phong, un an de stage à la paroisse de Huu Quan en attendant d’entrer au grand séminaire. Mon évêque m’a choisi et m’a envoyé en France pour me faire mes études ; Je suis parti de chez moi comme Abraham, sans savoir vraiment où et comment cet appel allait se réaliser. Mais parce que le Seigneur m’a appelé, j’ai dit : « Me voici » ! Oui, je suis parti de chez moi dans un esprit d’abandon et de confiance.

Après, un an d’apprentissage de langue à Mazères-Lezons dans notre diocèse, diocèse de Bayonne-Lescar et Oloron, un an de propédeutique et les deux ans du premier cycle au séminaire des Saints Cœurs de Jésus et de Marie à Bayonne. Après une année de stage à la paroisse de Trang Quan du diocèse de Hai Phong, j’ai été très heureux de revenir en France au séminaire de Bayonne pour continuer mon deuxième cycle. Après trois ans du deuxième cycle, l’Archevêque de Ha Noi, mon Évêque Administrateur Apostolique m’a rappelé pour rentrer dans mon diocèse, afin de faire une année de service avant d’être ordonné diacre et prêtre avec les autres qui ont terminé leurs études au séminaire au Viet Nam. Mais à cause de l’épidémie de Covid-19, je n’ai pas pu rentrer à Hai Phong pour rejoindre les autres pour cette année ; mon Évêque au Viet Nam, Monseigneur Joseph VU Van Thien a pris contact avec Monseigneur Marc AILLET pour que je puisse continuer cette année dans son diocèse comme une année diaconale. Ensuite, Monseigneur AILLET et les pères du séminaire ont cherché et contacté quelques curés pour trouver une paroisse pour moi ; enfin Monseigneur m’a envoyé à la paroisse Saint Pierre de Nive-Adour avec Monsieur le curé Jean-René PRÉDAIGNE et ses confrères, monsieur l’abbé Peio IRIGOYEN, Gilbert WONGRAOUA et Germain MAKOUIZA. Je suis très content d’être avec eux, les paroissiens de la paroisse Saint Pierre de Nive-Adour pour que je puisse apprendre la pastorale et à faire les services des autres. Cette année, je suis en service à la paroisse trois semaines et une semaine au séminaire pour la formation diaconale avec les deux diacres en vue de sacerdoce.

Je prie pour vous et je vous demande de prier pour moi, pour la vocation sacerdotale ainsi que celle des religieux et religieuse de notre diocèse. Et nous prions pour notre Diocèse, notre Pays et le Monde.

Je vous remercie beaucoup les prêtres ainsi que les paroissiens de leur accueil et de leur soutien. Que le Seigneur les guide et les garde pour que nous puissions toujours rester fidèles et progresser dans cette voie.

Témoignage de Jean-Baptiste BUI Van Ngoan Uy, séminariste en stage à la paroisse Saint Pierre de Nive-Adour.

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